La haine antimaçonnique
En préambule de ces propos, il faut rappeler que ces courants antimaçonniques n’ont pas été seulement des courants
intellectuels, mais qu’ils ont amené à la mort des dizaines de milliers d’êtres humains et ont ruiné socialement et humainement tout autant de personnes.
C’est avec le respect que nous devons aux victimes de la haine antimaçonnique qu’il faut essayer d’identifier les causes de ce
phénomène qui perdure, y compris dans les systèmes démocratiques de l’Europe occidentale.
Pour comprendre le fonctionnement de l’anti maçonnisme, il convient d’en faire une périodisation. A ce sujet, il me semble qu’il y a
trois âges de l’antimaçonnisme.
Un âge religieux où le motif principal de la lutte contre la franc-maçonnerie s’inspire de préceptes religieux, un âge politique, puis
malheureusement comme nous l’avons eu au 20eme siècle, un âge totalitaire.
Pour commencer par le premier âge, chacun sait que la franc-maçonnerie moderne, appelée franc-maçonnerie spéculative, s’est formée
dans les îles britanniques au début du 18 siècle puis, puis qu’après elle s’est répandue en Europe, ainsi que dans les possessions d’outre mer, que les pays européens avaient à l’époque,
notamment : les Antilles, les Amériques du nord et du sud.
Dès sa formation, la franc-maçonnerie fut accusée d’un double pêché :
soit elle fut considérée comme un instrument de la politique anglaise, on dira plus tard de l’impérialisme anglais, soit elle fut
considérée notamment par l’Eglise catholique, comme un nouvel instrument du protestantisme pour détruire la papauté.
Cette attitude est à l’origine de la première bulle papale relative à l’excommunication de la franc-maçonnerie en 1738. Cette
bulle qui n’a pas eu de grande portée, d’abord, car le Parlement du Royaume de France, ne l’a jamais entérinée car on est encore à l’époque de l’affrontement entre l’Eglise gallicane et le Saint
Siège- et puis aussi parce que cet anti-maçonnisme avait une portée sociale limitée dans la mesure où dans toute l’Europe, et même, dans la lointaine Russie, les franc-maçons se recrutaient dans
les milieux aristocratiques et dans les milieux bourgeois.
Ce climat ne devait pas durer longtemps car si la franc-maçonnerie avait suscité à la fois un engouement et en même temps une
certaine indifférence, ses détracteurs continuaient leur œuvre.
Par la suite, tout allait se modifier avec l’ouverture de la période révolutionnaire.
Par période révolutionnaire, il faut entendre pas seulement la période de la Révolution Française, qui nous concerne, au premier plan,
mais aussi la Révolution Américaine, et, ensuite, l’installation de la république en France, et l’émancipation des républiques d’Amérique latine et du Brésil, qui font que sur deux générations.
En fait, il existe une période révolutionnaire globale qui bouleverse, l’héritage de l’ancien régime dans le monde occidental.
Or une partie de l’anti-maçonnisme à venir, va se nourrir de ce qui a pu se passer dans cette époque compliquée, qui s’étend sur deux
générations. De fait, c’est de là que va émerger un véritable anti-maçonnisme.
Le nouvel anti-maçonnisme politique ne sera plus basé sur la religion mais va se fonder sur la légende, selon laquelle, ce sont les
Franc-maçons et la franc-maçonnerie qui sont à l’origine de tous les bouleversements politiques : ceux des Etats-Unis d’Amérique, de la France, et de l’ensemble de l’Europe et des pays de
l’Amérique latine.
Or, la révolution américaine est une révolution, où l’on trouve des maçons des deux côtés : ceux qui sont restés fidèles à la
couronne britannique, et ceux qui vont être les pères fondateurs de ces Etats-Unis : Washington, Hamilton, Jefferson, etc.
De fait, la véritable origine de la révolution américaine n’est pas la franc-maçonnerie, mais les acteurs économiques, qui ne veulent
plus payer les droits et les taxes de douane à Londres.
Certes parmi ces nantis qui refusaient de payer ces taxes à la métropole, il y avait beaucoup de franc-maçons mais il faut rappeler
qu’à la suite des guerres d’indépendance aux Etats-Unis qui devaient durer plusieurs années, un certain nombre de franc-maçons loyalistes fidèles à la couronne anglaise, partirent s’exiler
au Canada.
Une fois de plus, dans une crise politique majeure, on retrouve des deux côtés de la barrière, pour parler simplement, des
franc-maçons.
La révolution française est à ranger dans la même catégorie de conflits où la maçonnerie engagée trouvera ses adeptes des deux
côtés !
De fait, on trouve autant de franc-maçons, dans les archives, du côté des forces révolutionnaires, qu’elles soient modérées ou
extrémistes, que du côté contre révolutionnaire.
Ainsi on considère que Louis XVI, que le futur Louis XVIII et que son frère Charles X avaient été initiés avant la Révolution, comme
leur grand-père Louis XV et parmi les forces contre révolutionnaires, comme le fameux Charrette, beaucoup de franc-maçons vont immigrer en Allemagne, à Coblence, ou dans d’autres régions.
Malheureusement cette époque révolutionnaire va voir la création d’un mythe qui s’organise autour d’un pamphlet de l’abbé Barruel qui va forger la légende noire de la franc-maçonnerie, une
légende qui veut que ce soit la franc-maçonnerie qui soit à l’origine de la révolution française. Or c’est oublier qu’à la Révolution française, la franc-maçonnerie a vu se partager les frères en
deux camps à l’instar de la révolte américaine.
C’est oublier que durant la terreur, les loges sont en sommeil et qu’elles ne réapparaîtront qu’avec Bonaparte.
Mais la thèse de l’abbé Barruel qui veut que la franc-maçonnerie a voulu se substituer à la religion catholique pour détruire la
monarchie, cette thèse, va s’instiller dans les mentalités de l’époque.
L’abbé Barruel reprend la phrase terrible du roi Jacques Stuart « if no bishop no king » à savoir que, si on
détruit la religion catholique, on détruit la monarchie.
Ces mythes s’installent dans cette période révolutionnaire et vont être renforcés, par le fait que la franc-maçonnerie par
l’intermédiaire de loges militaires et l’expansion napoléonienne va apparaître comme porteuse des libertés aux quatre coins de l’Europe.
C’est dire aussi que les forces qui vont se déchaîner contre la Révolution française et plus tard, contre l’empire napoléonien vont
nourrir un anti-maçonnisme, bien que beaucoup de franc maçons civils et militaires se soient opposés aux armées révolutionnaires en Angleterre, Autriche en France, en Prusse, en Russie, comme
Koutousov qui a défait l’armée napoléonienne.
Le mythe était lancé et comme l’écrivait Cocteau : « l’histoire devient mythique et le mythe devient
histoire ».
Durant cette période, les loges militaires ont répandu les « lumières maçonniques » dans l’ensemble de l’empire de Napoléon
Ier.
En conséquence de quoi la défaite de Napoléon entraînera une réaction anti-maçonnique dure. Une réaction qui, au nom du retour à
l’ancien régime, va condamner la franc-maçonnerie d’autant plus que la franc-maçonnerie sud-américaine va promouvoir, pour partie, l’indépendance des pays de l’Amérique espagnole comme celle du
Brésil.
Car les Métropoles d’Espagne et du Portugal, occupées par les armées de Napoléon, dans les colonies, les gens avaient proclamé leur
indépendance et aussi l’indépendance de l’Amérique latine alimentera l’antimaçonnisme ambiant.
Ce survol permet de comprendre pourquoi l’Europe de la Sainte-Alliance après 1815, l’Europe qui condamne la révolution française et
l’épopée napoléonienne, cette Europe considère que tous les malheurs qui ont agité le continent sont dus à la franc-maçonnerie.
Il est à constater que cette lutte antimaçonnique se déploie essentiellement dans des pays de culture catholique car en Hollande, en
Prusse dans les pays scandinaves, la plupart des monarques et les rois sont franc-maçons.
La franc-maçonnerie repoussée par les régimes officiels de l’Europe de la Sainte Alliance va désormais se tourner vers des mouvements
libéraux, nationaux et républicains.
Dans cette perspective, un évènement va marquer les esprits antimaçonniques c’est l’unité italienne, qui se réalise au détriment
des états du pape, lesquels constituaient 100 000 km² en 1815.
L’unité italienne qui s’est déroulée sous la conduite du frère Cavour et du frère Garibaldi…
C’est dire que la franc-maçonnerie est de plus en plus perçue par l’Europe conservatrice de cette époque non seulement comme un
facteur révolutionnaire mais comme un facteur de destruction des empires et des monarchies.
En même temps, dans la France de la Restauration, le mouvement républicain se consolide et fusionne, pour partie, avec le mouvement
maçonnique.
Pour faire vite, on peut dire que se met en place, au milieu du 19ème siècle, un paysage maçonnique où l’on voit
les pays anglo-saxons et scandinaves continuer à protéger la franç-maçonnerie, et les Pays de culture catholique en proie à des convulsions antimaçonniques majeures.
Par ailleurs, la fin du dix neuvième et le début du vingtième siècles verront l’essor de nouveaux thèmes qui vont densifier
l’anti-maçonnisme. A ce sujet, il faut signaler la fusion du thème antimaçonnique avec le thème antisémite.
Deux facteurs sont à l’origine de la rencontre de l’anti-maçonnisme et de l’antisémitisme : dans des pays comme le nôtre, ou en
Allemagne, beaucoup de juifs, qui continuaient à s’émanciper et ne voulaient pas se convertir à la religion chrétienne, et devenaient maçons. A ce moment là, les anti-maçons qui vivent dans les
mêmes milieux politiques et sociaux que les antisémites, constatèrent que dans les loges, il y avait plus de personnes de confession israélite, en proportion, que dans la société.
Ainsi, dans les loges, il y eut une sorte de surreprésentation provoquée par une volonté d’assimilation, et ce phénomène n’échappa pas
aux antisémites ni aux anti-maçons.
Il va être renforcé par un deuxième phénomène formé par la diffusion d’un document fabriqué par la police secrète du tsar : le
protocole des sages de Sion ,un document d’un délire total qui veut montrer que les juifs veulent dominer le monde et que pour cela ils se servent de la franc-maçonnerie.
Cette fusion entre l’anti-maçonnisme et l’antisémitisme inaugure la troisième étape de ce que l’on peut appeler les âges de
l’anti-maçonnisme, celui des totalitarismes.
Dans l’Allemagne de l’après première guerre mondiale, le thème du judéo-maçon, va faire florès, après 1918.
Les juifs, comme les franc-maçons, sont tenus responsables de la défaite.
Le maréchal Ludendorff, est à la tête de mouvements violents, persuadés que l’empire allemand s’est effondré à cause des juifs et des
franc-maçons, or le simple énoncé de cette idiotie montre, l’inanité de ces fantasmes.
Dans l’Allemagne humiliée par la défaite militaire et le traité de Versailles, la mise en place de la société des Nations
apparaît comme une initiative des ennemis de la nation allemande, une réaction que l’on retrouve dans l’Italie fasciste où le régime s’installe rapidement dès 1922.
Dans ce pays, le thème antimaçonnique va se doubler de l’antisémitisme, ainsi que du thème de la franc-maçonnerie, l’instrument de la
« ploutocratie » judéo Anglo-saxonne…
Les fantasmes antimaçonniques se déclinent de différentes façons.
Dans d’autres pays comme la Hongrie, l’Autriche, le Portugal, l’Espagne franquiste, les courants antimaçonniques vont s’affirmer avec
une particulière violence, et parfois avec cruauté.
Dans ces pays conservateurs ou totalitaires, les loges sont interdites, les temples sont détruits, les maçons persécutés et
assassinés. De façon récurrente les motifs reviennent toujours les mêmes. Les franc-maçons sont rendus responsables de la destruction de l’ordre social, ils veulent la révolution, ils sont contre
les églises, ils font la politique des juifs, etc.
Entre les années 20 et 40 les lumières maçonniques sous le coup de boutoir des conservatismes et des fascismes se sont éteintes dans
une grande partie de l’Europe.
Un autre paradoxe est que considérée par certains comme responsable de la révolution russe, la franc-maçonnerie est interdite. En
Union Soviétique où les franc-maçons sont présentés comme les représentants du pouvoir bourgeois.
La raison de ce mythe est simple : dans la première révolution russe de février 1917, celle qui a amené la république, ceux qui
l’ont mené étaient franc-maçons, comme le prince Lvov ou Kerenski. Mais avec le triomphe du Bolchévisme, la maçonnerie disparaîtra de la Russie soviétique, comme elle disparaîtra de l’Europe
communiste, après 1945. La III ème internationale mise en place pour coordonner les partis communistes, interdira aux membres des partis communistes de continuer à pratiquer la
franc-maçonnerie.
En France beaucoup d’hommes de gauche socialistes avaient rejoint le PC, dans les années 20, par la suite, ils durent quitter les
loges, pour rester au PCF. Le plus célèbre étant André Marty, le mutin de la mer noire, futur ministre du général De Gaulle à la Libération.
Pour terminer ce survol, il faut aborder une forme actuelle, violente, et dangereuse.
Celle que nous trouvons dans certains mouvements islamistes de certains pays musulmans.
Cela a commencé par l’Iran en 1979 où les franc-maçons ont été massacrés systématiquement car pour certains islamistes, la
franc-maçonnerie est l’expression cachée de la volonté de puissance de l’Etat d’Israël. Il faut insister sur l’aspect délirant de cette réalité et rappeler qu’en Israël sur 6 millions
d’habitants, il y a à peine mille franc-maçons.
Avant de terminer, il faut revenir sur ce que fut la situation, en France, des persécutions anti maçonniques durant l’époque de la
guerre de 39-45.
Rappelons le calendrier des évènements.
L’armistice est signé le 22 juin 1940, le 12 juillet à l’opéra de Vichy sauf les parlementaires communistes interdits, les députés et
les sénateurs accordent les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, pour réformer les lois constitutionnelles de la IIIème république. Dans cette première phrase, les pleins pouvoirs accordés avaient
pour but, la modification des lois institutionnelles.
Mais dès le 13 août, un mois après la concession de ces pleins pouvoirs une loi paraît concernant l’interdiction des sociétés
secrètes. Sont visés le grand Orient, la Grande loge, le Droit Humain, Menphis misraïm, et la Glnf obédience, plus réduite qu’aujourd’hui, en même temps que d’autres sociétés : les ordres
martinistes, les Roses-Croix, et les sociétés théosophiques.
Une deuxième loi antimaçonnique est publiée le 11août 1941 qui décrète la publication au Journal Officiel de l’état français au nom
des franc-maçons, qui sont maîtres, vénérables, ou qui appartiennent aux hauts grades de la franc-maçonnerie.
Ainsi en deux ans dix huit mille noms paraîtront au Journal Officiel. Aujourd’hui, si l’on va rue Desaix, au siège des Journaux
Officiels, on peut demander les catalogues des années quarante et un, et quarante deux, et voir des colonnes de noms qui défilent avec l’appartenance aux obédiences.
Pourquoi cette précipitation et cette vindicte à l’égard de la franc-maçonnerie ?
Parce que précisément que les milieux conservateurs qui ont pris le pouvoir à l’occasion de la défaite rendent la franc-maçonnerie
responsable de la défaite militaire de la France.
Lorsque le maréchal Pétain signe le décret de promulgation de la loi, il dit à son chef de cabinet : « les juifs ne
sont pas responsables de leur naissance, mais un franc-maçon est toujours responsable de ses choix ».
De surcroît, ll faut savoir aussi que la police allemande avait saisi les archives GODF et de la Grande Loge. Par la suite les
fonctionnaires français durent remplir un questionnaire, au moment même où la police allemande connaissait la totalité des franc-maçons, des zones libre ou occupée. Ainsi, si vous étiez
fonctionnaire, vous receviez un formulaire :
Est-ce que vous reconnaissez être franc-maçon ?
Si vous disiez oui, on vous mettait sur une voie de garage
Si vous répondiez non ou alors, si vous répondiez, ça ne vous regarde pas
Vous étiez immédiatement radié.
Le refus de répondre a fait que des milliers de franc-maçons ont quitté la fonction publique et s’ils n’ont pas été tués physiquement,
ils l’ont été socialement.
Enfin, dans la série des mesures mises en place par le maréchal Pétain, la création dès le mois de décembre 41, d’un service de police
consacré aux sociétés secrètes, installé Square Rapp et qui quotidiennement a travaillé avec la gestapo et l’Abwehr.
Cela constitue l’Aspect Répressif mais il y eut un autre aspect, la propagande, avec une exposition tournante dont le nom
était : « La franc-maçonnerie dévoilée ».
Exposition de qualité qui témoignait d’une grande connaissance de la franc-maçonnerie. Un autre moyen sera un film : les forces
occultes, réalisé par un franc-maçon, félon, Jean Maly, qui montre une initiation d’appât, et stigmatise la soi disante force de corruption de la franc-maçonnerie.
Il y a eu aussi un bulletin antimaçonnique dirigé par quelqu’un qui a fait une longue carrière, après la guerre : Albert
Simonin.
Condamné à de lourdes peines, en1945, il a appris l’argot en prison…
Enfin, une revue « documents maçonniques », de bonne qualité intellectuelle, et surtout bien informée car rédigée par
des transfuges.
Ce qu’il faut savoir, si Jean Maly a été fusillé à la libération, Les trois protagonistes qui n’ont cessé d’inonder la société
française de propos anti maçonniques, qui sont, Bernard Faÿ ont fini tranquillement leur existence qui en Espagne, qui en France, dans une république qui a su fermer les yeux sur leur
écarts.
Ces écarts, on peut les chiffrer :
1200 révocations
300 procès pour faux témoignages
6000 franc-maçons interrogés
1000 fusillés
600 familles détruites
Auxquels s’y ajoutent : 1800 franc-maçons, victimes de la guerre car franc-maçons, soit ils étaient juifs ou soit ils étaient
dans la résistance.
En 1945, le bilan est terrible.
En 1939, 30.000 franc-maçons au Grand Orient de France
En 1946 plus de 8.000
En 1939 : 16.000 à la Grande Loge
En 1946 : 3.600
La franc-maçonnerie française mettra plus d’une génération à se reconstituer démographiquement
Mais il y a eu dans cette période noire, des éléments positifs
Le gouvernement de la France libre en la personne du Général de Gaulle, annula, le 15 octobre 1943, les décrets anti maçonniques et
lorsque Jacques Soustelle, chef des services secrets, vint demander à de Gaulle le rétablissement, de la franc-maçonnerie, le général lui répondit : « Je n’ai pas à rétablir la
franc-maçonnerie car elle n’a jamais cessé de vivre ».
L’acharnement des mesures antimaçonniques évoquées furent étendues à l’empire colonial.
En effet, en 1939, il apparaît une forte présence maçonnique en Algérie, un peu moins forte au Maroc et en Tunisie, assez forte en
Guyane, en Afrique à Dakar, et en Indochine française.
Citons parmi les Grandes figures maçonniques de la résistance, Félix Eboué, gouverneur de l’AEF qui se rallie à la France combattante
dans les premiers mois de la guerre.
Pour conclure, il faut se souvenir que l’anti maçonnisme s’est toujours nourri de légendes mortifères et que comme tous les délires
politiques l’anti maçonnisme est construit à partir de bribes d’évènements, en vue de former un tout cohérent, dont le but est de détruire.
Or en 2008, l’Europe démocratique n’est pas complètement débarrassée de l’égarement anti-maçonnisme.
A cet égard, deux exemples qui se passent, pas loin de chez nous :
Le premier concerne le sympathique Tony Blair, le sémillant ancien premier ministre du royaume de Grande-Bretagne et d’Irlande, qui
avant de quitter le pouvoir, a signé un décret selon lequel tous les fonctionnaires de la grande Bretagne, qui étaient franc-maçons devaient le signaler à leur supérieur, l’autre concerne la
France car dans notre pays démocratique, il ne faut pas ignorer que des courants d’extrême droite comme d’extrême gauche ne cessent de stigmatiser la maçonnerie avec une détermination sans
faille.
La Franc-maçonnerie a été et est une composante de la modernité qui a ébranlé l’Europe du
18ème siècle et qui a participé à la modernisation du monde, c’est-à-dire à sa démocratisation. C’est certainement là qu’il faut trouver la racine de la haine anti-maçonnique au sein
des courants politiques et des forces qui s’opposent à l’émancipation de l’être humain et des sociétés.
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