La Lettre Blanche de la G.L.C.S
                            

                               
                                                                                                                           

Samedi 31 janvier 2009

Les «Start up» de la maçonnerie

  

Certains maçons, parvenus au sommet de l’initiation, quittent leur grande obédience pour en créer une autre. C’est le cas de Marcel Laurent, fondateur en 2002 de la Grande Loge des cultures et de la spiritualité, qui a claqué la porte de la GLNF avec une partie de son atelier, pour fonder une structure mixte, ouverte sur l’extérieur, qui compte 350 membres, dont certains viennent du GO, de la GLFF ou du Droit humain.

 38/ 22 janvier 2009/ Le Point 1897

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Samedi 22 novembre 2008

Paris le 16/11/2008

 

Chers Amis,

 

Devant la recrudescence d’actes anti sémite, nous, Francs-Maçons de la GLCS, ne pouvons rester insensible à une telle haine sans nous engager auprès des associations qui mènent un combat sans relâche contre l’antisémitisme.

C’est l’affaire de tous ! L’anti juif d’aujourd’hui, l’anti chrétien et l’anti musulman demain,  au même titre que l’anti Franc-maçon...

La Franc-maçonnerie se doit de défendre les valeurs fondamentales de notre République :

Liberté – Égalité – Fraternité –

Nous devons œuvrer  pour que chacun puisse à son gré, pratiquer la religion ou philosophie de son choix, dans le respect du droit à la différence.

La  Laïcité c’est ça aussi !

Avec Dialogue & Démocratie Française,  nous souhaitons organiser un colloque en septembre 2009  réunissant :

L’Archevêque de Paris,  Le Grand Rabin de France,  le Recteur de la Grande Mosquée de Paris et un Représentant des Bouddhistes de France.

Que tous ceux qui veulent ou peuvent contribuer au succès de ce colloque veuillent bien se manifester en nous retournant une proposition d’action.

(Contact  privilégié avec l’une de personnalités à inviter, salle dans Paris, avec parking pouvant recevoir plus de 500 personnes en toute sécurité, etc… )

Merci par avance de votre participation.

 

Amitiés

Marcel Laurent

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Jeudi 17 juillet 2008
Frangines indésirables au Grand Orient
L'initiation de cinq femmes par des loges maçonniques déclenche un scandale au sein de la société secrète.
CATHERINE COROLLER
QUOTIDIEN : jeudi 19 juin 2008
  http://www.liberation.fr/actualite/societe/333214.FR.php

C'est une première dans l'histoire du Grand Orient de France (GO), principale obédience maçonnique française avec 47 000 membres. Aujourd'hui, une femme initiée le 24 mai par la loge Combats participera à sa première tenue (une réunion, en langage profane). Et quatre autres loges viennent d'initier chacune une femme. Des crimes de lèse-majesté, l'appartenance au GO étant strictement réservée aux hommes. Vendredi, Jean-Jacques Mitterrand, le vénérable [le président, ndlr] de la loge Combats sera traduit devant la Chambre suprême de justice maçonnique. La loge Combats dans son ensemble est même menacée de suspension. Le vénérable risque davantage, puisque d'après l'historienne Françoise Jupeau Réquillard (1), le hiérarque d'une loge du Grand Orient qui avait initié une femme, en 1999, avait été radié par ce même tribunal maçonnique. Presque dix ans plus tard, les responsables des autres loges également coupables d'«initiations sauvages», comme les qualifie Jean-Michel Quillardet, grand maître du Grand Orient , devraient être convoqués ultérieurement.

Libéral. Ces actes de dissidence marquent-ils une date dans l'histoire de la franc-maçonnerie française voire mondiale - les obédiences anglo-saxonnes étant encore plus fermées au deuxième sexe ? Par rapport à d'autres groupes francs-maçons comme la Grande loge de France (GLF), la Grande loge nationale française ou la Grande loge traditionnelle et symbolique Opéra, le GO est plutôt libéral. «Tous les soirs, dans nos ateliers [loges, ndlr], il y a des frères et des sœurs qui travaillent ensemble», proteste Jean-Michel Quillardet. «Au Grand Orient, les sœurs initiées ailleurs peuvent entrer librement alors que la GLF en est encore à les admettre sur invitation», confirme Françoise Jupeau Réquillard. Pour autant, le Grand Orient se refuse à aller plus loin en accueillant les femmes à égalité avec les hommes. «Ça fait cinquante ans qu'on en parle», reconnaît Jean-Michel Quillardet.

Pour les animateurs de la loge Combats, la situation n'évolue pas assez vite. D'où cette initiation «au nom de l'universalisme» et de «l'égalité entre les sexes». Jean-Michel Quillardet avait promis que la question de la mixité serait discutée lors du convent [assemblée générale annuelle, ndlr] du GO en septembre 2007 à La Rochelle. «Le débat n'a pas vraiment eu lieu», reconnaît le grand maître. Les délégués l'ont refusé. Mise au vote, «la possibilité pour les loges d'initier des femmes a été rejetée à 57 %», rappelle Jean-Michel Quillardet. L e grand maître admet que «compte tenu des pressions de la société», le débat sur la place des femmes dans la franc-maçonnerie «devient plus aigu». «Je crois qu'il faut une évolution.Mais je ne peux pas être d'accord avec ce passage en force. Il faut le temps que la prise de conscience se fasse. Peut-on rompre ainsi avec le pacte historique qui est le nôtre ? Si des femmes sont initiées, certains membres pourraient quitter le GO pour aller dans des obédiences exclusivement masculines.» Après l'échec de La Rochelle, le grand maître a reçu les loges dissidentes, et leur a promis une autre discussion sur la mixité lors de la prochaine assemblée générale, en septembre, à Lyon. «Nous avons un fonctionnement démocratique, ajoute-t-il. En ayant décidé de passer outre le vote du convent, ces loges sont en train de radicaliser les positions et de faire reculer leurs thèses». Les défenseurs du deuxième sexe répondent que les loges jouissent d'une entière souveraineté, et choisissent de faire entrer qui elles veulent. D'autant que, selon eux, rien dans les statuts du GO n'interdit l'initiation des femmes.

Traumatisme. Les positions semblent figées. Le grand maître minore l'importance d'un microputsch qui ne concerne que «6 loges sur 1 200», soit 700 francs-maçons environ. Sauf que les membres de la loge Combats semblent décidés à aller au bout. «Nous ferons appel devant la justice de notre pays», promet l'un d'eux. Pour une société qui cultive à ce point le secret, le traumatisme serait profond. D'autant que les tenants d'une stricte non-mixité risqueraient de perdre. «Je sais que notre position est juridiquement difficile», admet Jean-Michel Quillardet. Le code pénal punit en effet la discrimination contre une personne en raison de son sexe. Pour autant, la justice n'a pas les moyens d'imposer à la franc-maçonnerie un égal traitement des deux sexes. Tout dépend de l'évolution des mentalités des maçons eux-mêmes. Si 57 % des participants au dernier convent ont voté contre l'initiation des femmes, cela veut dire que 43 % ont voté pour. C'est déjà ça.

(1) L'initiation des femmes ou le souci permanent des francs-maçons français, édition du Rocher, Paris, 2000.

 

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Lundi 7 avril 2008

Diner Frat :. De Suez du 3 avril 2008

 

Bonsoir mes SS :. Et mes FF :.

 

Merci à Gérard, et bravo Monsieur le Maire  pour ta brillante élection au Grand Bornand, la commune des champions olympiques, merci à vous,  de me faire l’honneur de me recevoir, ,,vous appartenez tous à de Grandes Maisons dont nous, la Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité, sommes la petite dernière.

 

Alors !

Pourquoi avons nous créé une nouvelle Obédience en 2003: il y a déjà 5 ans quand même, comme le temps passe…

 

En effet, on peut se demander s’il n’était pas ridicule en 2003, de créer une nouvelle obédience en France où le paysage maçonnique est déjà pas mal fragmenté.

Ma réponse est NON.

C’est pourquoi avec 15 F :. Et S :., tous vétérans de la maçonnerie, nous avons fondé, le 2 octobre 2003 la GLCS.

 

Notre démarche est partie de trois constats :

 

Le premier est que la F :.M :. Et ses messages sont parasités par différentes instrumentalisations : politiciennes, affairistes, bureaucratiques.

Ces pathologies, que l’on peut comprendre sans les accepter, entrainent une sédimentation des passions humaines qui opacifient le message.

Souvent, la bonne marche administrative compte plus que le rayonnement des principes.

 

Le deuxième constat est qu’il faudrait, paradoxalement, « remaçonnifier » les relations entre les obédiences.

Nous en avons assez de cette guéguerre entre elles, ouverte ou secrète, sournoise ou véhémente, selon les périodes, selon les G :.M :. devrais-je dire. Si elle n’est pas capable de maintenir les liens fraternels entre ses composantes, la F :.M :. Française n’a , de toute évidence, plus aucun message à donner.

Il faut décloisonner les obédiences, elle est aussi une école de concorde.

La tolérance est le premier étage, la concorde est le fait de marcher tous ensemble vers un même but, la recherche de la Vérité et le progrès moral.

 

Le troisième constat, qui explique pourquoi nous n’avons  pas reculé devant ce qui peut sembler une extravagance, est la nécessité de faire circuler la parole maçonnique dans notre société d’une façon renouvelée.

La désenclaver sans porter atteinte ni au principe de discrétion ni aux techniques de transmission qui lui sont propres, initiation, Symbolisme, Rituel.

Cette parole est d’abord un message de libération, à la fois individuelle et collective.

 

Car la F :.M :.n’est certainement qu’une méthode issue de l’histoire de l’humanité, pour apprendre à l’Homme à se poser quotidiennement et simplement les grandes questions qui vont le rétablir dans sa dignité :

Que suis-je, que puis-je, que sont les autres pour moi ?

 

La dignité de l’Homme reste, jusqu’à sa mort, de se poser ces questions fondamentales, dans un dialogue avec les autres, la F :.M :. N’est en quelque sorte qu’une « mutualisation » des interrogations et des réponses.

 

Notre Nom, GLCS exprime nos principes fondateurs ;

des Cultures signifient la pluralité des religions existantes, ce prisme reflétant l’unicité de l’Homme par rapport à son destin et à sa potentielle transcendance.

 

La spiritualité indique notre finalité, l’idée d’une rupture avec le quotidien, une ouverture au mystère du monde.

Nos S :.et F :. Issus de toutes les obédiences et de toutes les religions ou philosophies postulent l’existence d’une transcendance, d’un principe suprême appelé Grand Architecte de l’Univers et de l’Humanité.

 

La GLCS est une obédience mixte, par refus de la discrimination, comme de toute affirmation dogmatique.

 

Nous considérons qu’il faut comprendre que le véritable sens de la tradition n’est pas la  répétition frénétique et obsessionnelle du même, mais l’élargissement à de nouvelles données apportées par la modernité.

 

Nous n’avons pas monté une nouvelle obédience contre celles installées, mais avec elles car,

 

Avec  leur reconnaissance, comme la GLTSO, « Opéra » l’a déjà faite implicitement puisque c’est nous, ou tout du moins la GLCS, qui lui a donné « patente » pour lui permettre de constituer ses propres Ateliers de perfections.. .

La GLTSO attendait depuis près de 50 ans cette clé…

 

Nous créons un nouvel outil parce que nous sommes « nous et pas d’autres »,

 

Parce que nos débats et leurs synthèses ne peuvent faire l’objet de négociation ;

 

Parce que nous sommes ni de droite, pas davantage de gauche et pas plus au centre, nous sommes :

 

LAÏCS et REPUBLICAINS et F :.M :..

 

si mes FF :. Et SS :. veulent bien nous reconnaître

comme tel…

 

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Lundi 4 février 2008
La haine antimaçonnique
 
 
En préambule de ces propos, il faut  rappeler que ces courants antimaçonniques n’ont pas été seulement des courants intellectuels, mais qu’ils ont amené à la mort des dizaines de milliers d’êtres humains et ont ruiné socialement et humainement tout autant de personnes.
 
C’est avec le respect que nous devons aux victimes de la haine antimaçonnique qu’il faut essayer d’identifier les causes de ce phénomène qui perdure, y compris dans les systèmes démocratiques de l’Europe occidentale.
 
Pour comprendre le fonctionnement de l’anti maçonnisme, il convient d’en faire une périodisation. A ce sujet, il me semble qu’il y a trois âges de l’antimaçonnisme.
Un âge religieux où le motif principal de la lutte contre la franc-maçonnerie s’inspire de préceptes religieux, un âge politique, puis malheureusement comme nous l’avons eu au 20eme siècle, un âge totalitaire.
 
Pour commencer par le premier âge, chacun sait que la franc-maçonnerie moderne, appelée franc-maçonnerie spéculative, s’est formée dans les îles britanniques au début du 18 siècle puis, puis qu’après elle s’est répandue en Europe, ainsi que dans les possessions d’outre mer, que les pays européens avaient à l’époque, notamment : les Antilles, les Amériques du nord et du sud.
 
Dès sa formation, la franc-maçonnerie fut accusée d’un double pêché :
soit elle fut considérée comme un instrument de la politique anglaise, on dira plus tard de l’impérialisme anglais, soit elle fut considérée notamment par l’Eglise catholique, comme un nouvel instrument du protestantisme pour détruire la papauté.
 
Cette attitude est à l’origine de la première bulle papale relative à l’excommunication de la franc-maçonnerie en 1738. Cette bulle qui n’a pas eu de grande portée, d’abord, car le Parlement du Royaume de France, ne l’a jamais entérinée car on est encore à l’époque de l’affrontement entre l’Eglise gallicane et le Saint Siège- et puis aussi parce que cet anti-maçonnisme avait une portée sociale limitée dans la mesure où dans toute l’Europe, et même, dans la lointaine Russie, les franc-maçons se recrutaient dans les milieux aristocratiques et dans les milieux bourgeois.
Ce climat ne devait pas durer longtemps car si la franc-maçonnerie avait suscité à la fois un engouement et en même temps une certaine indifférence, ses détracteurs continuaient leur œuvre.
 
Par la suite, tout allait se modifier avec l’ouverture de la période révolutionnaire.
 
Par période révolutionnaire, il faut entendre pas seulement la période de la Révolution Française, qui nous concerne, au premier plan, mais aussi la Révolution Américaine, et, ensuite, l’installation de la république en France, et l’émancipation des républiques d’Amérique latine et du Brésil, qui font que sur deux générations. En fait, il existe une période révolutionnaire globale qui bouleverse, l’héritage de l’ancien régime dans le monde occidental.
 
Or une partie de l’anti-maçonnisme à venir, va se nourrir de ce qui a pu se passer dans cette époque compliquée, qui s’étend sur deux générations. De fait, c’est de là que va émerger un véritable anti-maçonnisme.
 
Le nouvel anti-maçonnisme politique ne sera plus basé sur la religion mais va se fonder sur la légende, selon laquelle, ce sont les Franc-maçons et la franc-maçonnerie qui sont à l’origine de tous les bouleversements politiques : ceux des Etats-Unis d’Amérique, de la France, et de l’ensemble de l’Europe et des pays de l’Amérique latine.
 
Or, la révolution américaine est une révolution, où l’on trouve des maçons des deux côtés : ceux qui sont restés fidèles à la couronne britannique, et ceux qui vont être les pères fondateurs de ces Etats-Unis : Washington, Hamilton, Jefferson, etc.
 
De fait, la véritable origine de la révolution américaine n’est pas la franc-maçonnerie, mais les acteurs économiques, qui ne veulent plus payer les droits et les taxes de douane à Londres.
 
Certes parmi ces nantis qui refusaient de payer ces taxes à la métropole, il y avait beaucoup de franc-maçons mais il faut rappeler qu’à la suite des guerres d’indépendance aux Etats-Unis qui devaient durer plusieurs années, un certain nombre de franc-maçons loyalistes fidèles à la couronne anglaise, partirent s’exiler au Canada.
 
Une fois de plus, dans une crise politique majeure, on retrouve des deux côtés de la barrière,  pour parler simplement, des franc-maçons.
 
La révolution française est à ranger dans la même catégorie de conflits où la maçonnerie engagée trouvera ses adeptes des deux côtés !
De fait, on trouve autant de franc-maçons, dans les archives, du côté des forces révolutionnaires, qu’elles soient modérées ou extrémistes, que du côté contre révolutionnaire.
 
Ainsi on considère que Louis XVI, que le futur Louis XVIII et que son frère Charles X avaient été initiés avant la Révolution, comme leur grand-père Louis XV et parmi les forces contre révolutionnaires, comme le fameux Charrette, beaucoup de franc-maçons vont immigrer en Allemagne, à Coblence, ou dans d’autres régions. Malheureusement cette époque révolutionnaire va voir la création d’un mythe qui s’organise autour d’un pamphlet de l’abbé Barruel qui va forger la légende noire de la franc-maçonnerie, une légende qui veut que ce soit la franc-maçonnerie qui soit à l’origine de la révolution française. Or c’est oublier qu’à la Révolution française, la franc-maçonnerie a vu se partager les frères en deux camps à l’instar de la révolte américaine.
 
C’est oublier que durant la terreur, les loges sont en sommeil et qu’elles ne réapparaîtront qu’avec Bonaparte.
 
Mais la thèse de l’abbé Barruel qui veut que la franc-maçonnerie a voulu se substituer à la religion catholique pour détruire la monarchie, cette thèse, va s’instiller dans les mentalités de l’époque.
 
L’abbé Barruel reprend la phrase terrible du roi Jacques Stuart « if no bishop no king » à savoir que, si on détruit la religion catholique, on détruit la monarchie.
 
Ces mythes s’installent dans cette période révolutionnaire et vont être renforcés, par le fait que la franc-maçonnerie par l’intermédiaire de loges militaires et l’expansion napoléonienne va apparaître comme porteuse des libertés aux quatre coins de l’Europe.
 
C’est dire aussi que les forces qui vont se déchaîner contre la Révolution française et plus tard, contre l’empire napoléonien vont nourrir un anti-maçonnisme, bien que beaucoup de franc maçons civils et militaires se soient opposés aux armées révolutionnaires en Angleterre, Autriche en France, en Prusse, en Russie, comme Koutousov qui a défait l’armée napoléonienne.
 
Le mythe était lancé et comme l’écrivait Cocteau : « l’histoire devient mythique et le mythe devient histoire ».
 
Durant cette période, les loges militaires ont répandu les « lumières maçonniques » dans l’ensemble de l’empire de Napoléon Ier.
 
En conséquence de quoi la défaite de Napoléon entraînera une réaction anti-maçonnique dure. Une réaction qui, au nom du retour à l’ancien régime, va condamner la franc-maçonnerie d’autant plus que la franc-maçonnerie sud-américaine va promouvoir, pour partie, l’indépendance des pays de l’Amérique espagnole comme celle du Brésil.
 
Car les Métropoles d’Espagne et du Portugal, occupées par les armées de Napoléon, dans les colonies, les gens avaient proclamé leur indépendance et aussi l’indépendance de l’Amérique latine alimentera l’antimaçonnisme ambiant.
 
Ce survol permet de comprendre pourquoi l’Europe de la Sainte-Alliance après 1815, l’Europe qui condamne la révolution française et l’épopée napoléonienne, cette Europe considère que tous les malheurs qui ont agité le continent sont dus à la franc-maçonnerie.
 
Il est à constater que cette lutte antimaçonnique se déploie essentiellement dans des pays de culture catholique car en Hollande, en Prusse dans les pays scandinaves, la plupart des monarques et les rois sont franc-maçons.
 
La franc-maçonnerie repoussée par les régimes officiels de l’Europe de la Sainte Alliance va désormais se tourner vers des mouvements libéraux, nationaux et  républicains.
Dans cette perspective, un évènement va marquer les esprits antimaçonniques c’est l’unité italienne, qui se réalise au détriment des états du pape, lesquels constituaient 100 000 km² en 1815.
L’unité italienne qui s’est déroulée sous la conduite du frère Cavour et du frère Garibaldi…
 
C’est dire que la franc-maçonnerie est de plus en plus perçue par l’Europe conservatrice de cette époque non seulement comme un facteur révolutionnaire mais comme un facteur de destruction des empires et des monarchies.
 
En même temps, dans la France de la Restauration, le mouvement républicain se consolide et fusionne, pour partie, avec le mouvement maçonnique.
 
Pour faire vite,  on peut dire que se met en place, au milieu du 19ème siècle, un paysage maçonnique où l’on voit les pays anglo-saxons et scandinaves continuer à protéger la franç-maçonnerie, et les Pays de culture catholique en proie à des convulsions antimaçonniques majeures.
Par ailleurs, la fin du dix neuvième et le début du vingtième siècles verront l’essor de nouveaux thèmes qui vont densifier l’anti-maçonnisme. A ce sujet, il faut signaler la fusion du thème antimaçonnique avec le thème antisémite.
Deux facteurs sont à l’origine de la rencontre de l’anti-maçonnisme et de l’antisémitisme : dans des pays comme le nôtre, ou en Allemagne, beaucoup de juifs, qui continuaient à s’émanciper et ne voulaient pas se convertir à la religion chrétienne, et devenaient maçons. A ce moment là, les anti-maçons qui vivent dans les mêmes milieux politiques et sociaux que les antisémites, constatèrent que dans les loges, il y avait plus de personnes de confession israélite, en proportion, que dans la société.
 
Ainsi, dans les loges, il y eut une sorte de surreprésentation provoquée par une volonté d’assimilation, et ce phénomène n’échappa pas aux antisémites ni aux anti-maçons.
 
Il va être renforcé par un deuxième phénomène formé par la diffusion d’un document fabriqué par la police secrète du tsar : le protocole des sages de Sion ,un document d’un délire total qui veut montrer que les juifs veulent dominer le monde et que pour cela ils se servent de la franc-maçonnerie.
 
Cette fusion entre l’anti-maçonnisme et l’antisémitisme inaugure la troisième étape de ce que l’on peut appeler les âges de l’anti-maçonnisme, celui des totalitarismes.
 
Dans l’Allemagne de l’après première guerre mondiale, le thème du judéo-maçon, va faire florès, après 1918.
Les juifs, comme les franc-maçons, sont tenus responsables de la défaite.
Le maréchal Ludendorff, est à la tête de mouvements violents, persuadés que l’empire allemand s’est effondré à cause des juifs et des franc-maçons, or le simple énoncé de cette idiotie montre, l’inanité de ces fantasmes.
Dans l’Allemagne humiliée par la défaite militaire et le traité de Versailles, la mise en place de la société des Nations apparaît comme une initiative des ennemis de la nation allemande, une réaction que l’on retrouve dans l’Italie fasciste où le régime s’installe rapidement dès 1922.
 
Dans ce pays, le thème antimaçonnique va se doubler de l’antisémitisme, ainsi que du thème de la franc-maçonnerie, l’instrument de la « ploutocratie » judéo Anglo-saxonne…
Les fantasmes antimaçonniques se déclinent de différentes façons.
Dans d’autres pays comme la Hongrie, l’Autriche, le Portugal, l’Espagne franquiste, les courants antimaçonniques vont s’affirmer avec une particulière violence, et parfois avec cruauté.
 
Dans ces pays conservateurs ou totalitaires, les loges sont interdites, les temples sont détruits, les maçons persécutés et assassinés. De façon récurrente les motifs reviennent toujours les mêmes. Les franc-maçons sont rendus responsables de la destruction de l’ordre social, ils veulent la révolution, ils sont contre les églises, ils font la politique des juifs, etc.
 
Entre les années 20 et 40 les lumières maçonniques sous le coup de boutoir des conservatismes et des fascismes se sont éteintes dans une grande partie de l’Europe.
Un autre paradoxe est que considérée par certains comme responsable de la révolution russe, la franc-maçonnerie est interdite. En Union Soviétique où les franc-maçons sont présentés comme les représentants du pouvoir bourgeois.
 
La raison de ce mythe est simple : dans la première révolution russe de février 1917, celle qui a amené la république, ceux qui l’ont mené étaient franc-maçons, comme le prince Lvov ou Kerenski. Mais avec le triomphe du Bolchévisme, la maçonnerie disparaîtra de la Russie soviétique, comme elle disparaîtra de l’Europe communiste, après 1945. La III ème internationale mise en place pour coordonner les partis communistes, interdira aux membres des partis communistes de continuer à pratiquer la franc-maçonnerie.
 
En France beaucoup d’hommes de gauche socialistes avaient rejoint le PC, dans les années 20, par la suite, ils durent quitter les loges, pour rester au PCF. Le plus célèbre étant André Marty, le mutin de la mer noire, futur ministre du général De Gaulle à la Libération.
 
Pour terminer ce survol, il faut aborder une forme actuelle, violente, et dangereuse.
Celle que nous trouvons dans certains mouvements islamistes de certains pays musulmans.
 
Cela a commencé par l’Iran en 1979 où les franc-maçons ont été massacrés systématiquement car pour certains islamistes, la franc-maçonnerie est l’expression cachée de la volonté de puissance de l’Etat d’Israël. Il faut insister sur l’aspect délirant de cette réalité et rappeler qu’en Israël sur 6 millions d’habitants, il y a à peine mille franc-maçons.
Avant de terminer, il faut revenir sur ce que fut la situation, en France, des persécutions anti maçonniques durant l’époque de la guerre de 39-45.
Rappelons le calendrier des évènements.
L’armistice est signé le 22 juin 1940, le 12 juillet à l’opéra de Vichy sauf les parlementaires communistes interdits, les députés et les sénateurs accordent les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, pour réformer les lois constitutionnelles de la IIIème république. Dans cette première phrase, les pleins pouvoirs accordés avaient pour but, la modification des lois institutionnelles.
Mais dès le 13 août, un mois après la concession de ces pleins pouvoirs une loi paraît concernant l’interdiction des sociétés secrètes. Sont visés le grand Orient, la Grande loge, le Droit Humain, Menphis misraïm, et la Glnf obédience, plus réduite qu’aujourd’hui, en même temps que d’autres sociétés : les ordres martinistes, les Roses-Croix, et les sociétés théosophiques.
 
Une deuxième loi antimaçonnique est publiée le 11août 1941 qui décrète la publication au Journal Officiel de l’état français au nom des franc-maçons, qui sont maîtres, vénérables, ou qui appartiennent aux hauts grades de la franc-maçonnerie.
 
Ainsi en deux ans dix huit mille noms paraîtront au Journal Officiel. Aujourd’hui, si l’on va rue Desaix, au siège des Journaux Officiels, on peut demander les catalogues des années quarante et un, et quarante deux, et voir des colonnes de noms qui défilent avec l’appartenance aux obédiences.
 
Pourquoi cette précipitation et cette vindicte à l’égard de la franc-maçonnerie ?
Parce que précisément que les milieux conservateurs qui ont pris le pouvoir à l’occasion de la défaite rendent la franc-maçonnerie responsable de la défaite militaire de la France.
Lorsque le maréchal Pétain signe le décret de promulgation de la loi, il dit à son chef de cabinet : « les juifs ne sont pas responsables de leur naissance, mais un franc-maçon est toujours responsable de ses choix ».
 
De surcroît, ll faut savoir aussi que la police allemande avait saisi les archives GODF et de la Grande Loge. Par la suite les fonctionnaires français durent remplir un questionnaire, au moment même où la police allemande connaissait la totalité des franc-maçons, des zones libre ou occupée. Ainsi, si vous étiez fonctionnaire, vous receviez un formulaire :
Est-ce que vous reconnaissez être franc-maçon ?
Si vous disiez oui, on vous mettait sur une voie de garage
Si vous répondiez non ou alors, si vous répondiez, ça ne vous regarde pas
Vous étiez immédiatement radié.
Le refus de répondre a fait que des milliers de franc-maçons ont quitté la fonction publique et s’ils n’ont pas été tués physiquement, ils l’ont été socialement.
 
Enfin, dans la série des mesures mises en place par le maréchal Pétain, la création dès le mois de décembre 41, d’un service de police consacré aux sociétés secrètes, installé Square Rapp et qui quotidiennement a travaillé avec la gestapo et l’Abwehr.
 
Cela constitue l’Aspect Répressif mais il y eut un autre aspect, la propagande, avec une exposition tournante dont le nom était : « La franc-maçonnerie dévoilée ».
Exposition de qualité qui témoignait d’une grande connaissance de la franc-maçonnerie. Un autre moyen sera un film : les forces occultes, réalisé par un franc-maçon, félon, Jean Maly, qui montre une initiation d’appât, et stigmatise la soi disante force de corruption de la franc-maçonnerie.
Il y a eu aussi un bulletin antimaçonnique dirigé par quelqu’un qui a fait une longue carrière, après la guerre : Albert Simonin.
Condamné à de lourdes peines, en1945,  il a appris l’argot en prison…
 
Enfin, une revue « documents maçonniques », de bonne qualité intellectuelle, et surtout bien informée car rédigée par des transfuges.
Ce qu’il faut savoir, si Jean Maly a été fusillé à la libération, Les trois protagonistes qui n’ont cessé d’inonder la société française de propos anti maçonniques, qui sont, Bernard Faÿ ont fini tranquillement leur existence qui en Espagne, qui en France, dans une république qui a su fermer les yeux sur leur écarts.
 
Ces écarts, on peut les chiffrer :
1200 révocations
300 procès pour faux témoignages
6000 franc-maçons interrogés
1000 fusillés
600 familles détruites
Auxquels s’y ajoutent : 1800 franc-maçons, victimes de la guerre car franc-maçons, soit ils étaient juifs ou soit ils étaient dans la résistance.
En 1945, le bilan est terrible.
En 1939, 30.000 franc-maçons au Grand Orient de France
En 1946 plus de 8.000
En 1939 : 16.000 à la Grande Loge
En 1946 : 3.600
La franc-maçonnerie française mettra plus d’une génération à se reconstituer démographiquement
 
Mais il y a eu dans cette période noire, des éléments positifs
Le gouvernement de la France libre en la personne du Général de Gaulle, annula, le 15 octobre 1943, les décrets anti maçonniques et lorsque Jacques Soustelle, chef des services secrets, vint demander à de Gaulle le rétablissement, de la franc-maçonnerie, le général lui répondit : « Je n’ai pas à rétablir la franc-maçonnerie car elle n’a jamais cessé de vivre ».
 
L’acharnement des mesures antimaçonniques évoquées furent étendues à l’empire colonial.
En effet, en 1939, il apparaît une forte présence maçonnique en Algérie, un peu moins forte au Maroc et en Tunisie, assez forte en Guyane, en Afrique à Dakar, et en Indochine française.
Citons parmi les Grandes figures maçonniques de la résistance, Félix Eboué, gouverneur de l’AEF qui se rallie à la France combattante dans les premiers mois de la guerre.
 
Pour conclure, il faut se souvenir que l’anti maçonnisme s’est toujours nourri de légendes mortifères et que comme tous les délires politiques l’anti maçonnisme est construit à partir de bribes d’évènements, en vue de former un tout cohérent, dont le but est de détruire.
Or en 2008, l’Europe démocratique n’est pas complètement débarrassée de l’égarement anti-maçonnisme.
A cet égard, deux exemples qui se passent, pas loin de chez nous :
Le premier concerne le sympathique Tony Blair, le sémillant ancien premier ministre du royaume de Grande-Bretagne et d’Irlande, qui avant de quitter le pouvoir, a signé un décret selon lequel tous les fonctionnaires de la grande Bretagne, qui étaient franc-maçons devaient le signaler à leur supérieur, l’autre concerne la France car dans notre pays démocratique, il ne faut pas ignorer que des courants d’extrême droite comme d’extrême gauche ne cessent de stigmatiser la maçonnerie avec une détermination sans faille.
 
La Franc-maçonnerie a été et est une composante de la modernité qui a ébranlé l’Europe du 18ème siècle et qui a participé à la modernisation du monde, c’est-à-dire à sa démocratisation. C’est certainement là qu’il faut trouver la racine de la haine anti-maçonnique au sein des courants politiques et des forces qui s’opposent à l’émancipation de l’être humain et des sociétés.
 
 
 
  
 
 
 
 
                 
 
 
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Dimanche 27 janvier 2008
TENTATIVE DE PARITÉ
 
 
Ils étaient quinze hauts gradés de la GLNF qui décidèrent, en 2003, de claquer la porte pour aller créer une nouvelle obédience, la Grande Loge des cultures et de la spiritualité (GLCS). Cela pouvait paraître un peu ridicule de créer une structure alors qu’il existait déjà neuf obédiences, explique François Thual, grand maître d’honneur et par ailleurs professeur de géopolitique à l’Ecole de guerre. Mais nous refusions à la fois l’affairisme, la bureaucratie et le conservatisme qui empêchaient tout retour aux origines de la maçonnerie, que l’on pourrait résumer par la trilogie “liberté, égalité, spiritualité”.» Aux origines de leur agacement se trouve notamment le refus d’initier des femmes. «En trente-deux ans de maçonnerie, je n ‘ai jamais trouvé personne qui soit capable de fournir une raison convaincante à cette non-mixité, s’indigne Marcel Laurent, l’actuel grand maître de la GLCS. On m’a souvent expliqué que les épouses ne laisseraient pas leurs maris aller en loge s’il y avait d’autres femmes. Dans ce cas, elles devraient aussi leur interdire de se rendre à leur travail!»
Ce haut gradé — il a atteint le 33C degré, le plus élevé dans l’échelle maçonnique — n’a jamais été d’une docilité à toute épreuve. Quand, dans les années 80 le président du Gabon Omar Bongo, grand maître de l’obédience locale, sous le haut patronage de la GLNF, lui est présenté lors d’une cérémonie à l’hôtel Méridien, à Paris, il refuse de lui serrer la main. «Si les témoins ne comprenaient pas pourquoi, lui au moins le savait. »
Les quinze fondateurs appartiennent tous à la caste des décideurs, puisqu’on y trouve, notamment, le général René Imbot, ancien patron de la DGSE, le général Jeannou Lacaze, un dirigeant d’EDF, un directeur de l’administration pénitentiaire, un cadre de la DGSE, un autre de la DST, un juge d’instruction, un procureur, un ancien député... ils ont recruté dans leur réseau amical et fédèrent aujourd’hui 350 personnes, dont 20% de femmes. Le profil de ces sœurs? Une avocate, une gestionnaire de fortune, une directrice commerciale, la responsable d’une grande marque de parfums...
Les dirigeants sont fiers d’avoir instauré une liberté en loge, tout en respectant la tradition. Chaque nouveau venu est prié de prêter serment non pas sur la Bible, mais sur l’un des livres saints, qui peut aussi bien être le Coran. Pour ceux qui n’ont pas de religion mais qui croient en la transcendance, critère d’admission indispensable, il y a même... un livre blanc, vierge de toute écriture s. C.
 
24 janvier 2008 le point 1845
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Dimanche 2 décembre 2007

La Pensée du Jour :

 

 

 

 

 

« Le monde est bien vide si nous ne l'imaginons constitué que de montagnes, de fleuves et de cités. Mais le seul fait de savoir que quelqu'un, quelque part, est à notre diapason et continue de nous accompagner même dans le silence, fait de cette terre un jardin habité

 

 

Johann Wolfgang Von GOETHE (1749 - 1832)

 

 

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Samedi 24 novembre 2007
M’sieurs dames !
Panique au Grand Orient : un "frère" ayant subi un changement de sexe tient absolument à être maintenu dans son atelier d’origine ou intégré dans une obédience féminine ou mixte.
D’où conflit d’intérêts : faut-il nier la féminité du transsexuel ou rompre avec le sexisme séculaire des maçons.
Les grands réformateurs sociaux que sont les adeptes du tablier en peau de cochon s’en arrachent les cheveux.
 extrait du  Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 342 du 12 février 2005 - pp. 4 à 6, 10
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Jeudi 20 septembre 2007
Chères Amies, Chers Amis,
 
Merci de bien vouloir noter que notre dîner annuel aura bien lieu:
 
Jeudi 04 Octobre 2007,au Golf de Saint-Cloud à partir de19h30' (Dîner 20h30').
 
Il est important que chacun d'entrevous vienne à cet évènement, accompagné.
 
Pour cette occasion et la bonne organisation de notre soirée, merci de bien vouloir réserver dès aujourd'hui à:
 
Jérôme Neuhaus
Mob: +33 6 64 63 49 52
 
Jean-Michel Olagnier 
Mob: +33 6 07 22 26 07
le prix du repas est de 70 euros
 
Comptant sur votre réponse rapide et votre présence nombreuse,
 
Amitiés Frts
 
Jérôme
 
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Mardi 12 juin 2007
Où en est « La Maçonnerie Française » ?

Vers la fin de « La Maçonnerie Française » ?

Cette question apparaît en bonne place sur le site www.fm-fr.org . On y apprend qu’une des neuf obédiences constitutives et non des moindres, la Grande Loge de France, a pris la décision de s’en retirer. Le communiqué se conclut par une autre question : « Que va-t-il advenir de l’Institut Maçonnique de France … fondé par les neuf obédiences… ? » Suite à cette publication, le « microcosme » s’agite et les rumeurs vont bon train. Qu’en est-il exactement ?

Tout d’abord, pour dissiper toute ambiguïté, il faut préciser ce site dénommé « Franc-Maçonnerie Française » n’entretient pas de lien avec l’association homonyme. Cette association de fait, a été créée en 2001 à l’initiative du Grand Orient de France par neuf obédiences :

. le Grand Orient de France
. la Grande Loge de France
. la Grande Loge Féminine de France
. le Droit Humain
. la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra
. la Grande Loge Mixte Universelle
. la Grande Loge Mixte de France
. la Grande Loge Féminine de Memphis-Misraïm
. la Loge Nationale Française

Ce groupement, qui n’avait pas de statut juridique particulier, fonctionnait, dans les faits, de différentes manières. Des manifestations publiques communes (colloques, conférences, salons littéraires…) étaient organisées en commun par les neuf obédiences. Une réunion des grands-maîtres était organisée tous les mois. Enfin, des communiqués de presse étaient publiés au nom de « La Maçonnerie Française ». Juridiquement, c’était donc une association de fait. Seule la marque « La Maçonnerie Française » avait fait l’objet d’un dépôt à l’INPI au nom du Grande Orient de France.

En novembre 2006, les représentants des neuf obédiences concernées ont mis fin à ce groupement à l’initiative de la Grande Loge de France. Alain Graesel, Grand Maître de la Grande Loge de France, dans un entretien publié par le journal , bulletin d’information de son obédience, revient sur ces évènements.

L’existence de cette association de fait a suscité au sein des instances de la Grande Loge de France, dès sa mise en place, des débats récurrents et de fortes critiques. Ces critiques portent essentiellement sur deux points si l’on fait abstraction du problème de la propriété de la marque détenue par une seule obédience.

Le premier point porte sur le choix des neuf obédiences fondatrices. Ce choix limitatif peut paraître arbitraire aux yeux de celles qui n’en font pas partie et certains n’ont pas hésité à stigmatiser « le Club des 9 ».

La deuxième critique vise les déclarations publiques « d’une seule obédience au nom de La Maçonnerie Française, engageant la GLDF sur des points d’actualité ». Plus loin, Alain Graesel développe ce thème en parlant de dérives lorsque des obédiences souhaitaient exprimer des positions de nature politique et le faisaient au nom de La Maçonnerie Française.

Quelques brèves remarques personnelles

Les faits étant exposés, l’auteur de ces lignes qui, en 2001, a suivi de près la gestation de La Maçonnerie Française se permet d’apporter quelques réflexions « à chaud » qui n’engagent que lui.

On doit à Alain Bauer, élu Grand Maître du Grand Orient de France, l’initiative de ce projet. Il s’agit alors de créer un espace commun permettant aux obédiences françaises de parler d’une seule voix sur des sujets communs. Il s’agit également de promouvoir en commun des manifestations publiques permettant de mieux faire connaître l’institution maçonnique. Celle-ci n’échappe pas alors aux critiques, notamment dans la presse. Ailleurs en Europe, que ce soit en Italie ou en Grande-Bretagne, la question de l’appartenance maçonnique des fonctionnaires de police et des magistrats est posée. Dans un contexte pouvant favoriser un nouvel antimaçonnisme larvé, il apparaît alors nécessaire que les obédiences maçonniques dialoguent puissent s’unir sur certaines actions communes. Les consultations menées à cette époque ont abouti à la solution que l’on connaît, solution que je qualifierai de pragmatique, voire de provisoire. Ceci a débouché, il ne faut pas l’oublier, sur un certains nombre de manifestations culturelles, pour la plupart, qui ont recueilli une large audience. Peut-on parler d’un échec ?

A mon avis, la question se pose en d’autres termes. Le paysage maçonnique français actuel se compose d’un grand nombre d’obédiences de nature et de taille diverses. La France partage ce privilège avec d’autres pays comme l’Italie ou la Grèce. Cette diversité n’est pas sans poser de grands problèmes de fonctionnement au quotidien. Au nom de l’universalité de la franc-maçonnerie, qui recevoir ? Qui reconnaître ? Si la plupart de ces obédiences sont dignes d’intérêt, certaines associations n’ont de maçonnique que le nom.

Dans ce contexte, nul n’ignore qu’en France, l’unité maçonnique prend l’allure d’un idéal vivement désiré mais sans cesse repoussé. Ce contexte bien particulier a favorisé la recherche de solutions diverses de rapprochement entre obédiences. A ce jour, aucune n’a donné satisfaction, beaucoup ont causé des déceptions collectives et personnelles.

Poser le problème, c’est tenter de le résoudre. Quel est l’état des lieux ? Selon moi, relations inter obédientielles en France et relations internationales sont intimement liées. Chaque obédience française entretient un système de relations formalisé ou non par des conventions.

Au niveau international, il existe un ensemble majoritaire en relation avec la Grande Loge Unie d’Angleterre. C’est cet ensemble que l’on appelle souvent la franc-maçonnerie régulière. En France, comme en Belgique, les grandes obédiences historiques sont en dehors de ce système. Seule la Grande Loge Nationale Française en fait partie et, pour l’heure, il ne peut y avoir qu’une seule obédience reconnue dans un état.

Il existe en France deux grandes obédiences historiques, le Grand Orient de France et la Grande Loge de France. La plupart des autres obédiences en sont nées par scission. Chacun comprendra que la qualité des relations entre ces deux obédiences influe directement sur l’ensemble des autres obédiences, la GLNF étant à part.

Ceci précisé, il existe différentes options pour unir des obédiences en une Union Maçonnique de France. L’une d’elles, que j’appelle l’hypothèse haute, mérite d’être évoquée en tant que cas d’école, il s’agit de la confédération. Dans une telle structure, les obédiences qui en font partie restent autonomes et souveraines à l’exception des attributs de souveraineté qu’elles délèguent à la confédération. Il s’agit la plupart du temps, des relations extérieures. C’est la configuration adoptée par les Grandes Loges Unies d’Allemagne en 1964. Sauvegardant l’indépendance de chacun, elle suppose une convergence forte sur les points essentiels.

A l’opposé, on peut imaginer un groupe d’obédiences développant entre un système de relations bilatérales permettant l’exercice du droit de visite et de la double affiliation. C’est l’hypothèse basse. C’est alors que peut se faire sentir le besoin d’un organe plus ou moins formel qui permet de rassembler et de coordonner certaines informations. Dans un tel contexte, une entité ressemblant à La Maçonnerie Française pourrait jouer ce rôle.

Si l’on revient aux propos d’Alain Graesel, on remarquera que la première objection soulevée par la GLDF concerne les relations inter obédientielles propres à chaque obédience. La deuxième concerne le refus de prises de positions de nature politique prise par une obédience au nom des autres.

Ce point est certainement le plus important et renvoie aux grands problèmes de la franc-maçonnerie française. Qu’y a-t-il de commun entre les neuf obédiences qui ont constitué La Maçonnerie Française ? Lorsque ces corps maçonniques ont décidé de se rapprocher en 2001, ils ont pensé que ce qui les unissait allait au-delà de ce qui les séparait. Visiblement, il n’en est plus de même cinq ans plus tard.

Dans son ouvrage La voie substituée, Jean Baylot a mis en lumière le drame de la franc-maçonnerie française et l’instrumentalisation dont elle a été l’objet. La Franc-maçonnerie n’est pas un cercle de réflexion politique ou social ; ceci se fait en mieux ailleurs. Elle doit se défendre de toutes tentatives d’instrumentalisation venant d’autres structures, tentatives qui ne peuvent qu’introduire le ferment de la division et de la confusion. Elle n’est elle-même que si elle reste fidèle à ses principes fondamentaux consacrés par la tradition. C’est alors qu’elle peut devenir le centre de l’union.


Gino Sandri

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